Féministe

Notre corps et nous

Lors d’un précédent article, je dénonçais la pression insidieuse de l’idéal féminin masculin donnée notamment par la presse féminine. Je n’oublie pas néanmoins que notre corps reste une préoccupation pour de très nombreuses femmes (si ce n’est toutes). Notre relation à notre corps est souvent compliquée. Nous sommes à la recherche du moindre défaut que nous n’assumons pas. Même celles qui sont reconnues pour être parmi les plus belles femmes au monde en sont victimes : Emily Ratajkowski a dit lors d’une interview qu’elle avait, elle aussi, des complexes physiques (Source : http://www.voici.fr/news-people/actu-people/emily-ratajkowski-avoue-avoir-des-complexes-physiques-568975 ).

Comment avoir alors une relation plus saine et apaisée avec celui qui nous fait exister dans le monde, notre corps ?

 

Se valoriser
La solution est dans l’acceptation, l’appréciation de cette masse, de cette forme. Cela semble évident pour beaucoup mais la réalisation apparaît comme chimérique. Bien sûr, certains jours, nous nous trouvons belles, ou du moins jolies. Mais les incertitudes créées par nos complexes reviennent rapidement, entraînant une dégringolade de l’estime de soi par des qualificatifs tels que « banale », « quelconque », « insignifiante », « moche ». Et nous sommes alors persuadées que le reste du monde ne voit que nos  »défauts ». Comme il est impossible de changer de physique d’un claquement de doigt – ou de bistouri pour la plupart d’entre nous-, je vous conseillerai d’abord de mettre un « pansement » sur nos doutes. Analysons les situations dans lesquelles nous sommes sûres de nous. Pourquoi le sommes-nous ? Est-ce notre maîtrise de la situation, des sujets, notre façon de nous habiller, un maquillage, un regard, une attitude ? Les raisons peuvent être nombreuses et brouillées. Mais certaines reviennent dans plusieurs contextes. Donnons-nous alors les moyens de les réutiliser régulièrement, et progressivement au besoin. Cela peut être écouter ou danser sur une musique, lire des citations d’estime de soi dans un livre ou sur Pinterest, se maquiller ou s’habiller différemment. Mais, si vous êtes habituées à un style classique et simple tel le T-shirt-jeans-baskets, vous n’irez probablement pas à votre travail en escarpins et robe du jour au lendemain par crainte d’un changement trop radical qui ne vous rendra pas forcément à l’aise. Cependant, vous pouvez penser à l’esthétique des baskets puis à des chaussures plus féminines : le changement n’est pas radical et vous permettra de vous y habituez et d’augmenter votre estime personnelle. Oui, vos complexes sont toujours là, néanmoins vous y penserez moins et soyez sûre que vos relations quotidiennes remarqueront vos changements -vous ne pourrez plus les imaginer fixer vos  »défauts ». Ne négliger pas ce conseil si vous restez chez vous (mère au foyer, sans emploi), prendre soin de son apparence, ne serait-ce que deux ou trois par semaine vous remontera le moral d’après mon expérience personnelle. Et cela est très important dans des situations où on doute de sa valeur, de ses capacités et, parfois, de sa féminité. Il ne faut pas oublier que nous sommes avant tout un individu de sexe féminin avant d’être un rôle, compagne ou épouse, mère, profession.

L’acceptation
Après ce que je nommerais le « camouflage psychologique », le temps de l’acceptation est venue. Ce  »défaut » fait partie de nous. S’il n’existait pas, nous serions probablement une autre personne autant physique que caractérielle. Nous devons prendre conscience que ce n’est pas un intrus mais une partie du tout que forme notre corps. Notre confiance personnelle ne doit plus dépendre d’un détail de notre masse corporelle. Mettons en avant notre personnalité afin de se rappeler que notre physique ne nous définit pas entièrement. Si vous êtes sociable, n’hésitez pas à discuter de vos passions ou de faire connaître vos opinions sur divers sujets ou encore votre humour. Si vous êtes une personne déterminée, perfectionniste, profitez-en pour montrer votre potentiel sans pour autant en exiger de même des autres qui pourraient ne pas toujours l’apprécier. Dans le cas où vous ne vous trouvez pas de qualité, que vous êtes asociale, agoraphobe, et que rien ne vous intéresse au point de devenir une passion -soit moi 😉 -, pas de panique. Je vous propose deux solutions. La première est de se faire aider par un professionnel de la santé (médecin généraliste, psychologue…). Mais le prix et la peur de se dévoiler et le scepticisme face à l’utilité de la parole peuvent nous faire hésiter à franchir le pas. C’est pourquoi je propose que vous vous donniez des objectifs personnels, dont vous n’avez pas l’habitude et dont la difficulté reste néanmoins accessible – il ne faut pas rêver vous ne deviendrez pas une grande couturière en une semaine mais vous pouvez customiser de vieux vêtements. Ces défis perso peuvent être dans votre vie privée ou professionnelle, le but est que vous soyez fières de vous en réussissant une nouvelle chose (création, dossier, cuisine, sport, méditation). Lorsque cela est fait donnez-vous un nouvel objectif soit complètement différent soit en s’imposant le premier dans une durée plus longue (comme un mois, ou plus). Cela ne vous fera pas forcément accepter votre  »défaut » mais permettra d’augmenter votre estime de vous-même et ainsi de vous valoriser plus régulièrement au lieu de vous flageller par des pensées noires. Si vos objectifs provoqueraient des rencontres, parler de vos réussites et de vos difficultés, même si c’est pour cinq minutes. Cela sera déjà un pas vers davantage de sociabilisation. Mais n’exigez pas non plus trop de vous au début au risque de vous décourager rapidement.

Être fière
Enfin ce qui au départ était qualifié de  »défaut », d »’intrus » peut devenir une fierté. Oui, une fierté, vous avez bien lu. Maintenant que vous vous montrez différente, plus sûre de vous et que la honte, le malaise que provoquait votre « défaut » a fortement diminué voire disparu, vous pouvez en faire une « marque de fabrique ». Mettez le en valeur. Si celui-ci est physique, assumez-le par une façon de s’habiller personnelle, un maquillage plus léger (au lieu de vouloir à tout prix le cacher), faites-en une inspiration d’humour (vous avez un grand nez, rappelez que Cléopâtre aussi et on se souvient encore d’elle comme d’une grande reine). Si celui-ci relève davantage du caractère, je conseille d’abord de comprendre la raison de son existence afin de le dédramatiser. Je pense que cela évolue davantage en situation, par des défis personnels progressifs jusqu’à modifier son propre caractère. Vous êtes très (trop) créative, et vous ne pensez pas à la manière de réaliser votre projet (soit moi 😉 ), partagez l’idée avec quelqu’un qui sera vous aider à la réalisation. Vous êtes timide, réservée et vous n’osez pas donner votre avis; faites en un atout : lorsque vous vous exprimez, affirmez votre idée – la rareté de votre expression pourrait la valoriser car cela montrera que cela vous tient suffisamment à cœur pour que vous dépassez cette peur.

Expérience personnelle
Afin d’être objective avec vous, je préfère vous informer que je ne suis pas arrivée à cette étape. De plus, je suis consciente que cette mésestime de soi peut intervenir ponctuellement. Une critique, une mauvaise période peuvent nous fragiliser … mais pas détruire tous nos efforts ! En cas de faiblesse, faites une action qui vous remonte le moral (voir paragraphe 3). Cela sera dans certains cas qu’une pansement sur une plaie plus ou moins profonde, mais il diminuera le risque d’infection. Je ne suis personnellement pas une grande adepte du maquillage mais depuis quelques mois mettre du rouge à lèvres me fait me sentir plus femme et plus sûre de moi. Dans le cas où cela me semble inadapté – dont la salle de sport -, je me reporte sur des stick à lèvres hydratants colorés.
Concernant notre estime par rapport à notre masse corporelle – mon « défaut » personnel -, je vous conseillerai deux choses :
-une balance indiquant votre masse d’eau, votre masse graisseuse et votre masse musculaire… très important pour celles qui veulent se remettre au sport et qui ne voient pas d’évolution sur la balance classique et leur poids car elle permet de mieux observer l’évolution de notre corps;
-le livre de Michelle Freud Mincir et se réconcilier avec soi ou un livre sur le même thème car cela permet de relativiser et de mieux se comprendre, notre relation avec la nourriture devient plus saine, ou encore une diététicienne qui sait être à l’écoute de votre relation avec la nourriture et qui ne propose pas seulement un objectif de poids.

Modification le 19/01/2018

Je voudrais rajouter à cela une phrase qui, il me semble, me paraît tout à fait adapter au sujet. Alexandre Jollien, dans  Le philosophe nu, écrit à propos de son idéalisation de Z, un homme dont il envie le physique, « Je commence à comprendre que ce n’est pas Z que je jalouse mais un fantôme, une chimère. Mille projections, mille blessures ont fait de cet ami une idole. » Une citation à laquelle il serait de réfléchir avant de se comparer à d’autres. Je vous conseille d’ailleurs ce livre, entre journal intime et pensée philosophique, sur nos relations à nos passions et aux autres.

J’ai récemment découvert le blog de Fat Lobster que je vous conseille pour les questions concernant le look et l’acceptation de soi dans ses vêtements. Ma rubrique préférée est « Oser« .

En espérant que cela vous sera utile,
au prochain article.

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