Féministe, Réflexion d'un soir

Pour que mon corps m’appartienne #MONcorpsMESchoix #IVG

1/ Le droit à l’IVG : un droit qui me tient à cœur et le début de ma réflexion

J’ai commencé cet article dans un état de colère, d’incompréhension. Cet été, j’ai découvert que dans un hôpital de la Sarthe, il était impossible d’avorter. Pas par manque de médecin, ce que je pourrai comprendre, mais à cause de la clause de conscience. Oui moi aussi j’ai cru à une blague. Pourtant cela se passe bien dans une ville de la France métropolitaine en 2018. Je pensais que c’était un droit acquis sur lequel il n’était pas nécessaire de revenir dans ce pays qui n’a lui pas l’excuse d’être une nation très pratiquante du point de vue religieux. Je pensais que je pouvais aller dans n’importe quel hôpital ayant des médecins former pour l’acte afin d’avorter si un jour je prenais cette décision. Pour moi, cela allait de soi, surtout avec quelques mois après le mouvement #MeToo. Chacun respecte le corps d’autrui, dont celui de la femme.

Et bien, apparemment non. Je croyais que MON corps MES choix. Je croyais que le corps médical était là pour nous conseiller, nous soigner AVEC MON ACCORD, pas qu’il pouvait aller à mon encontre. Pas qu’il puisse m’imposer ses opinions en les appliquant sur MON corps. Oui d’autres hôpitaux pratiquent l’IVG, à 30/45 minutes de celui-ci. Mais rien sur le temps de trajet pour atteindre celui-là. Le premier hôpital proche de chez moi est à 30 minutes. Pas de pensées sur la difficulté du choix -continuer la grossesse ou avorter- et sur la prise de décision d’appeler un médecin pour se voir dire « je ne pratique pas d’ivg ». Est-ce avec leur clause de conscience que ces médecins vont éduquer ces potentiels enfants ? Ou est cette femme qui estime pour des raisons privées qu’elle ne peut pas ?

A l’heure de l’acceptation de soi, du #BodyPositive, je me demande si finalement mon corps m’appartient, à moi femme d’actuellement 25 ans. Et comment je pourrais vraiment l’accepter, moi qui essaie de faire fi du regard (imaginaire) des autres si le personnel médical peut ne pas tenir compte de mes choix ? Choix qui changeraient mon corps et ma vie, et cela jusqu’à mon dernier souffle.

Je crois que le pire, c’est que je me suis trouvée à devoir expliquer ma colère. On ne comprend pas que cela puisse m’énerver, me toucher, me perturber. Parce que « un médecin doit d’abord soigner, sauver des vies » m’a-t-on répond. Et ma vie à moi ? Moi qui parle, réfléchis, choisis, elle ne compte pas ? Moins qu’une future potentielle vie ? Si je défends l’existence de l’IVG, ce n’est pas car je pense que tout le monde couche à tout le monde sans précaution, que ce serait une mesure pour « rattraper une erreur » qu’on oublierait aussi vite que la vingtéunième fois nos règles. Je la défends pour la possibilité d’avoir le choix : le choix de sa vie, le choix de celle du potentiel enfant. Je défends l’IVG pour avoir le choix d’avoir le choix. Je continue à penser que c’est une question personnelle à laquelle notre réponse peut varier selon notre vie : éducation, convictions personnelles, situations actuelles… Cette possibilité de choix se doit d’être dans la loi, et le corps médical se doit d’être formé pour ces interventions et pour respecter les décisions de la patiente. Comme un enseignant n’a pas le droit de faire connaître ses opinions religieuses, un médecin ne devrait pas pouvoir les mettre en avant pour refuser de pratiquer un acte médical.

 

Malgré mon coup de colère, je voulais croire que cela était relativement isolé. Mais non. Quelques jour après la fameuse « découverte », je suis tombée sur un article du planning familial qui explique des situations de femmes qui souhaitent avorter : en bref, c’est le parcours du combattant. Tellement que certaines se rendent aujourd’hui en 2018 encore à l’étranger pour avorter. Pire, certains soignants culpabilisent les femmes sans leur dire explicitement et immédiatement qu’ils ne pratiqueront pas d’ivg.

Une bonne nouvelle à connaître : une proposition de loi pour supprimer cette fameuse clause de conscience.

 

Je vous informe qu’il est prévu un autre article de « Pour que mon corps m’appartienne » mais le sujet sera différent -et probablement davantage polémique.

 

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1 réflexion au sujet de “Pour que mon corps m’appartienne #MONcorpsMESchoix #IVG”

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